
Le 5 février 2014, le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault avec la Ministre en charge des Personnes Handicapées, Marie-Arlette Carlotti annonçaient le lancement d’une mission parlementaire afin de définir les conditions du développement du relais téléphonique à l’issue de l’expérimentation. La députée Corinne Erhel (Côtes d’Armor) a ainsi été missionnée pour constituer ce rapport en auditionnant les différents acteurs du dispositif de centre relais téléphonique : associations représentatives, organismes publics et sociétés privées.
Corinne Erhel, après une remise à la Ministre Ségolène Neuville, présentait le 24 novembre dernier son rapport dans le cadre du forum régional sur l’Accessibilité de la Conférence Nationale du Handicap à Nantes. La Ministre en charge du Numérique, Axelle Lemaire, a également participé à cette restitution.
Quels enseignements retenir du rapport Erhel ?
1) Développer les métiers de la communication accessible : interprète LSF, codeur LPC et transcripteur de l’écrit dans les plus brefs délais pour permettre de répondre au besoin croissant de l’accessibilité, y compris l’accessibilité téléphonique.
2) Etudier les pistes de financement pour une montée en charge du dispositif après la fin de l’expérimentation à l’été 2015 : contribution intégrale de l’Etat, refonte du service universel des communications électroniques (SU) ou obligation règlementaire pour une mise à contribution des opérateurs de téléphonie.
3) Encourager toutes les initiatives (relation-client faisant intervenir des salariés sourds, des techniques diversifiées, etc….)
4) Mettre en œuvre la mise en accessibilité des services publics de l’Etat en guise d’exemplarité.
Quel cadre décisionnel pour le développement des centres relais en France ?
Après la diffusion du rapport Erhel, l’Arcep en tant que régulateur des télécoms a en charge d’expertiser les différentes pistes d’organisation et de financement du ou des centres relais téléphoniques.
De plus, la Conférence Nationale du Handicap qui se tiendra le 11 décembre prochain à l’Elysée permettra de connaître le positionnement et l’engagement du Gouvernement sur la question de l’accessibilité téléphonique.
Quels enjeux sur l’expérimentation en cours du Centre Relais Téléphonique ?
Six mois après le lancement de l’expérimentation, 500 testeurs continuent d’accéder au dispositif de Centre Relais Téléphonique sous toutes les formes de communication : langue des signes française (LSF), langue française parlée complétée (LPC), transcription écrite, interface accessible pour les personnes aphasiques et les personnes sourdaveugles. La société WebSourd met à disposition pour chacun des testeurs un forfait d’une heure de communication par mois, à travers son service ORIGO, ce forfait étant imposé dans le cadre de l’expérimentation.
Les associations représentatives encouragent les testeurs à utiliser le Centre Relais Téléphonique pour bénéficier d’un retour d’expérience le plus précis possible soit en répondant aux campagnes d’évaluation d’Orange Consulting soit en déposant leur avis sur le site d’Origo. Elles rappellent que le dispositif est financé par l’Etat à hauteur de 2,8 millions d’euros et que l’investissement doit pouvoir bénéficier à tous : associations de personnes sourdes ou malentendantes et de leurs familles, les testeurs et les personnes non retenues pour l’expérimentation (de l’ordre 2.000 personnes).
L’Unisda et la FNSF interpellent le Gouvernement pour prendre les dispositions qui s’imposent pour développer rapidement et sans rupture de service à l’été 2015 le centre relais téléphonique.
Communiqué de l’Unisda et de la FNSF du 2 décembre 2014
Lien vers le Discours de Ségolène Neuville – 24 novembre 2014
Relire le communiqué de l’Unisda et de la FNSF du 13 mai 2014
Relire le communiqué de l’Unisda du 5 février 2014
En savoir plus sur l’expérimentation ORIGO (accessible à tous)
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